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Quelques mots sur la
polygamie |
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Introduction |
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Le préjugé le plus
largement répandu contre l’Islam est certainement celui qui reste
attaché au thème de la polygamie. Dans nos consciences façonnées
par l’ère des démocraties et la loi des chiffres, il paraît
évident qu’un homme vaut une femme, qu’une femme vaut un homme, et
que rien ne saurait mieux symboliser ’égalité des sexes que cette
parité du nombre. C’est pourquoi la polygamie nous semble liée à
des conceptions archaïques depuis longtemps — et heureusement
dépassées.
Comme nous pensons
qu’il est possible de quantifier toute chose, nous jugeons des
réalités sans réellement chercher à comprendre ce qu’elles
représentent, et nous nous contentons d’appréciations fondées sur
une évaluation abstraite et superficielle, plutôt que d’un
jugement qui prenne en compte la fonction réelle et les qualités
spécifiques des êtres.
Nous oublions que pour
des générations d’êtres humains, pendant des millénaires, la
polygamie était ressentie comme une pratique naturelle qu’il eût
été absurde de remettre en question.
Il faut donc, pour
aborder ce thème, faire un effort afin de mener une réflexion
critique, en écartant les jugements trop hâtifs liés à nos
mentalités. Plutôt que de nous laisser dominer par nos
sensibilités et nos penchants, il convient de porter un regard
objectif et rationnel sur cette question.
(Source numéro 5) |
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La polygamie dans
le Coran et la Sounnah |
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L’islam autorise
effectivement la polygamie, selon le verset suivant:
“Et si vous
craignez de
n’être pas équitables envers les orphelins, prenez donc des
épouses, par deux, par trois, par quatre, parmi les femmes qui
vous plaisent. Mais si vous craignez de n’être pas justes, alors
(n’en prenez qu’) une seule.” (Coran, 4; 3)
On sait que le
Prophète avait encouragé ses compagnons à prendre en charge les
orphelins, en les intégrant dans leurs familles. Cette action
humanitaire pouvait cependant représenter un trop lourd fardeau
pour un couple monogame, comme l’explique Muhammad Hamidullah en
commentant ce verset: «Si l’on prend les orphelins pour les
incorporer à la famille et qu’une seule femme ne vienne pas à
bout du ménage agrandi, on peut épouser d’autres femmes jusqu’à
quatre. On parle ici d’une des conditions valables de la
polygamie. Il est à rappeler que c’est la première fois qu’une
religion a mis des restrictions au nombre des épouses. Il n’y a
aucune restriction de ce genre, ni dans l’Ancien Testament, ni
dans le Nouveau Testament. Les maîtres protestants, comme
Luther, Butzer, Melanchton, etc., ont même déduit de
Matthieu, XXV, 1-12 le caractère licite de la polygamie
dans le Christianisme. Westermarck souligne qu’au temps de
Charlemagne, même les prêtres chrétiens pratiquaient la
polygamie. Aucune restriction non plus chez les Hindous, les
Zoroastriens, etc.
(Source numéro 5)
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La polygamie chez les
chrétiens |
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est vrai que les prophètes cités dans la Bible étaient
fréquemment polygames. Quant à la parabole des dix vierges et de
l’époux divin à laquelle fait allusion Hamidullah, elle suppose
effectivement que la polygamie était largement pratiquée du
temps de Jésus, sans que celui-ci ne l’ait explicitement
interdite.
Remarquons en effet
qu’une parabole tire sa force évocatrice du fait même que le
symbole qui sert à l’exprimer est bien connu de tous. Pour
mettre une idée plus ou moins abstraite à la portée de son
auditoire, le prophète se sert d’images qui lui sont familières.
Tel est le cas de la parabole du semeur, du filet, des talents:
elles reposent toutes sur des éléments de la vie courante. Il en
va de même de la parabole des dix vierges et de l’époux divin.
C’est arbitrairement que l’on assimile aujourd’hui l’idée de
monogamie au Christianisme. Le passage où il est question de
monogamie dans le Nouveau Testament concerne uniquement le
devoir des évêques et des diacres: "Il faut donc que l’évêque
soit irréprochable, mari d’une seule femme»(Timothée, 1, 3, 2).
"Les
diacres doivent être maris d’une seule femme.»
(Timothée, 1, 3, 12)
Ce statut spécifique de
l’évêque et du diacre nous permet justement de mettre en
évidence le fait que selon Paul, à l’exclusion de l’évêque et du
diacre, aucun membre de la communauté chrétienne n’est tenu de
rester monogame.
Un deuxième point qui
mérite d’être souligné concernant la polygamie, c’est que l’Islam
n’impose pas aux hommes de vivre selon des normes qu’ils seraient
incapables de respecter. L’Islam ne reconnaît pas à la nature
humaine plus de vertu qu’elle n’en possède. Plutôt que d’imposer
une monogamie théorique, qui recèle très souvent l’adultère, la
loi islamique a autorisé la polygamie en la limitant et en la
codifiant.(Source
numéro 5) |
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Polygamie ou adultère : quelle est la meilleure solution? |
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C’est avoir
l’esprit bien mal tourné que de critiquer négativement la
polygamie parce qu’elle rend légale une situation de fait,
tout en admettant que les hommes puissent vivre dans l’ombre
et illégalement quelques aventures extraconjugales.
Quelle situation
est
préférable pour la femme? Etre prise et rejetée au gré et au
hasard des rencontres, ou bien être à la charge - selon des
dispositions légales - d’un mari officiellement reconnu et
responsable. Et laquelle de ces deux attitudes révèle des hommes
qu’ils considèrent que la femme est un être cher et sacré, dont
ils ne peuvent abuser et auquel ils doivent le respect:
l’attitude qui consiste à jouir et à profiter librement et sans
engagement d’une femme qu’on peut délaisser à tout moment, ou
l’attitude qui considère que l’homme n’a droit à cette
jouissance que s’il démontre par le mariage sa ferme intention
de fonder un foyer, et sa capacité à subvenir aux besoins
matériels de sa nouvelle famille?
L’adultère et la
fornication sont devenus aujourd’hui des pratiques tellement
courantes, que l’on peut supposer que beaucoup n’admettront pas
ce raisonnement. D’autres hocheront la tête en projetant l’image
du couple idéal vivant un amour exclusif et absolu. Pourtant!
Combien de jeunes filles trompées et trahies sont victimes de la
«libération des moeurs». Combien de femmes divorcées, de veuves
solitaires, de vieilles oubliées vivent dans une société qui ne
leur offre aucune chaleur humaine à partir du moment où, n’étant
plus capables d’être femmes, elles n’entrent plus dans le
commerce des plaisirs?(Source
numéro 5) |
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L'argument naturel |
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La nature elle-même
nous fournit un argument de taille en faveur de la polygamie.
En effet, il suffit de considérer que la femme ne peut plus
avoir d’enfants après la ménopause, c’est-à-dire généralement
vers la cinquantaine, et même bien avant. L’homme au contraire
peut devenir père jusqu’à un âge très avancé, la nature lui en
offre les moyens. Lui interdire de profiter de ses ressources,
c’est proprement contrer l’ordre voulu par la nature.
D’ailleurs, et il suffit d’interroger un gynécologue pour s’en
assurer, lorsqu’un couple est confronté à des problèmes de
stérilité, c’est la femme qui en est la cause dans la plupart
des cas. Ici encore, pourquoi devrait-on frustrer le mari en
déclarant qu’il est illégitime pour lui de prendre une seconde
épouse? Pourquoi le mettre en face de ce cruel dilemme: le
divorce ou le renoncement à la paternité? Il se peut en outre
qu’une femme stérile préfère «partager» son mari avec une
autre, plutôt que d’être réduite au célibat forcé, ou que de
voir ce dernier privé à cause d’elle d’une descendance.
II en va de même
lorsque pour des raisons médicales, une femme ne peut plus
satisfaire son conjoint sur le plan sexuel. Plutôt que de lui
permettre de prendre une seconde épouse, en accord avec la
première, plutôt que de consentir à un mariage légal, la loi
occidentale préférera en pareil cas n’importe quelle solution
immorale. N’a-t-on pas vu des médecins qualifiés recommander à
leurs patients dépressifs et abattus de prendre, en guise de
remède, des maîtresses?
(Source numéro 5) |
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L'argument démographique |
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Un autre argument,
que nous appellerons démographique, permet de remettre en
question nos idées reçues sur ce sujet. En période de guerre, en
effet, les populations féminines finissent par dépasser
nettement celles de leurs conjoints masculins. Que faire des
femmes qui sont en surnombre? Que faire de toutes celles qui
sont sans mari? Si l’on exclut la prostitution, l’asservissement
et l’adultère, on est bien obligé d’aboutir à cette conclusion:
la seule solution, mathématiquement, est la polygamie.
D’ailleurs, cette situation n’est pas relative seulement à
l’état de guerre. Aujourd’hui, il est établi que l’on compte 12
millions de «femmes surnuméraires» aux Etats-Unis. Dans un grand
nombre de pays d’Afrique, où l’on observe un vieillissement
considérable de certaines populations, les femmes ont une plus
longue espérance de vie. Si l’on tient compte des observations
qui viennent d’être faites, on peut se persuader que la loi
islamique, en autorisant la polygamie, est parfaitement
rationnelle.
(Source numéro 5) |
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Les Droits de la femme
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Cependant, il faut préciser ici qu’en Islam, la femme ne peut
être contrainte d’épouser un homme déjà marié et d’avoir une
coépouse. C’est librement qu’elle choisit ce mode de vie. Bien
plus, elle peut faire en sorte que soit stipulé dans son contrat
de mariage que son mari ne prendra pas une seconde femme. Il ne
pourra agir en ce sens qu’après avoir rendu sa liberté à sa
première épouse. Tout cela montre que si l’Islam laisse ouverte
la porte de la polygamie, en tenant compte du fait qu’elle peut
être une nécessité dans certaines situations, et même en
soulignant qu’elle est parfaitement conforme à la nature
«biologique et physiologique» de l’homme et de la femme, il
reste que celle-ci est libre d’accepter ou de ne pas accepter
d’être l’épouse d’un homme déjà marié. (Source
numéro 5) |
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Attention!!! |
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Il faut se méfier quand un
homme a divorcé plusieurs fois, pratique la polygamie ou
n'est pas définitivement séparé de son ex épouse. Dans ces cas
là, un simple mariage religieux peut couvrir une simple
aventure. (source
numéro 4) |
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La limite est fixée à
quatre épouses |
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Une condition
nécessaire: l'équité |
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Quant à la condition
imposée par l’Islam à la polygamie, c’est la certitude du
musulman de pouvoir être équitable entre ses épouses dans
l’alimentation, la boisson, les vêtements, le logement, le lit
et le reste des dépenses d’entretien. Celui qui n’est pas sûr
de pouvoir répondre à ces obligations en toute équité et
justice, n’a pas le droit d’épouser plus d’une femme. Dieu
exalté a dit : “Si vous craignez de ne pas pouvoir
être équitable, n’épousez qu’une seule femme” (4:3).
D’autre part, le Prophète
a dit: “Celui qui a deux épouses et qui penche vers l’une au
détriment de l’autre, viendra le jour de la Résurrection
traînant l’une de ses deux moitiés tombée ou penchée” (Abou
Dawoud et al-Hakim).
Cette inclinaison du mari
contre quoi ce hadith met en garde est la transgression des
droits de l’autre, et non le simple penchant du coeur. Cela
entre en effet dans la justice qu’on ne peut réaliser et qui a
fait l’objet du pardon de Dieu : “Vous ne pourrez jamais être
équitables envers vos épouses même si vous vous y appliquez. Ne
penchez pourtant pas entièrement (vers l’une d’elles)” (4:129).
C’est pourquoi le Messager de Dieu
partageait équitablement et disait : “Seigneur! Tel est mon
partage selon les moyens dont je dispose. Ne me tiens pas
rigueur dans ce que Tu détiens et que je ne détiens pas” (Voir
al-Sounan). II faisait allusion au penchant du coeur et
des sentiments en faveur de l’une de ses femmes et qu’il ne
pouvait éviter.
Quand il envisageait de
faire un voyage, il faisait un tirage
au sort pour désigner laquelle de ses épouses allait
l’accompagner (Unanime). Il n’agissait ainsi que pour ne pas
blesser l’amour propre de l’une d’entre elles et pour donner
satisfaction à tout le monde.
(source numéro 6) |
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