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USA : Guerre mode d'emploi
Oui, moi
aussi, j’ai été choqué. J’ai même éprouvé de la peur. Et une infinie
tristesse pour les victimes et leurs familles.
Oui, il m’a semblé important de leur envoyer beaucoup d’amour et de lumière.
Oui, je pense qu’il est temps d’agir face à l’horreur et à la folie. Je n’ai
pas envie de mourir de désespoir devant la violence de l’espèce humaine.
Mais je refuse de me laisser manipuler par des média aux ordres de
dirigeants malades.
Et je refuse tout autant de choisir entre l’appel à la croisade
anti-terroriste et anti-islamique ou l’appel incantatoire à la paix.
Lors de tout événement à grand spectacle organisé ou accompagné par des
services secrets militaires, la vérité est dite dans les premiers
commentaires, puis très vite édulcorée.
Dès la nouvelle des attaques connue, la vérité fut dite : “C’est comme Pearl
Harbor”. Les militaires américains ont choisi en décembre 42 de laisser se
dérouler l’attaque japonaise sur Pearl Harbor pour pouvoir mobiliser le pays
tout entier dans la guerre. Pearl Harbor a fait 2400 morts. Manhattan, plus
du double. Compte tenu de la croissance de la population, le chiffre est
proportionnellement le même.
Comme Pearl Harbor, Manhattan va permettre la mobilisation militaire pour
envoyer les jeunes hispaniques et noirs en surnombre se faire tuer en menant
la guerre sainte.
M. George W. BUSCH, président mal élu, est membre, comme son père, de la
société secrète d’origine maçonnique Skull and Bones (Crâne et Tibias).
Dans son livre “Avec l’aide de Dieu” (éditions Odile Jacob, Paris, 2000), M.
George W. BUSCH écrit, page 76 :
“La dernière année (de ses études à Yale), je suis devenu membre de Crâne et
Tibias, une société secrète, si secrète en vérité que je ne peux en dire
davantage. Je m’y suis fait 14 nouveaux amis”.
Cette société secrète, mystico-politique et affairiste, a développé depuis
1832 une idéologie intégriste, totalitaire et guerrière. Son emblème est
celui des Panzer Divisions nazies (une tête de mort sur fond d’os croisés).
Ses membres, enfermés dans des systèmes idéologiques comparables à ceux du
Klu Klux Klan, tout comme les Patriots ou les Survivors, sont assez souvent
les héritiers de seconde génération des soldats allemands émigrés aux USA
après guerre.
Cette société occulte - “La Fraternité de la Mort” - constitue un des plus
importants systèmes d’influence des institutions américaines, en regroupant
un nombre significatif de ses dirigeants (15 recrues par an à l’université
de Yale) et en leur garantissant tout le soutien nécessaire à leur carrière
de pouvoir.
Véritable “Ordre Noir”, elle agit en secret selon quelques principes forts,
cohérents avec ceux des sociétés occultes qui ont porté Hitler au pouvoir :
la race blanche, judéo-anglo-saxonne, est supérieure à toutes les autres et
doit donc diriger le monde ; les habitants de la planète sont trop nombreux
et il est donc sain d’en éliminer régulièrement un nombre significatif, pour
préserver la suprématie, le pouvoir et le confort du peuple américain ; une
guerre par génération est indispensable pour préserver les qualités morales
viriles du peuple ; la stratégie du chaos violent est la meilleure façon
d’asseoir le pouvoir de l’Amérique sur le monde.
Nous avons là l’exact miroir des délires intégristes des terroristes
islamistes. Qui est le premier auteur ? Je crains qu’il n’y ait pas de
réponse.
Les pays musulmans de l’ancien monde soviétique regorgent de pétrole, de gaz
et de minerais et métaux rares. Gaz et pétrole ne sont exploitables par les
compagnies américaines qu’à condition de disposer d’un oléoduc sécurisé, à
construire au travers de l’Afghanistan.
L’Afghanistan était, avant l’arrivée des talibans financés par l’armée
américaine pour contrer l’URSS, un des tout premiers producteurs d’héroïne,
source inépuisable de richesse pour certains fonctionnaires de la CIA.
L’Afghanistan est une très belle plate-forme d’altitude pour observer le
ciel, dans le grand film paranoïaque de la guerre des étoiles. C’est aussi
une excellente base militaire à revers de la Chine et de l’Inde.
Enfin, les Russes ont besoin d’être tranquilles pour massacrer les
Tchétchènes ou les transformer en organes pour les marchés médicaux.
Et il faut une bonne raison pour bombarder et envahir un pays.
La seconde technique de gestion des opérations militaires à grand spectacle
est la désignation immédiate, dès les premières heures du drame, du coupable
officiel. Nous retrouvons là la stratégie nazie de l’incendie du Reichstag.
Ben Laden a été désigné immédiatement, en moins d’une heure après les
explosions de Manhattan et du Pentagone. Toute l’émotion de la planète a pu
ainsi être canalisée sur les prochains sacrifiés de la folie collective.
Oui, les musulmans fanatiques et terroristes existent bien. Ils sont les
parfaits miroirs des dirigeants américains qui répondent “Croisade” à “Jihad”.
On se croirait dans un mauvais film du temps des grandes inquisitions et
guerres de religions : nous sommes là au coeur de la grande tradition
religieuse et obscure des sacrifices humains, portée aux plus épouvantables
extrémités, par la conjugaison des pensées totalitaires et des technologies
modernes.
Il se pourrait même que la responsabilité de M. Ben Laden soit effective, à
égalité avec celle de l’armée américaine.
Les spécialistes des services secrets disent clairement que seuls des
professionnels sont capables de monter des opérations comme celle du 11
septembre 2001.
C’est d’autant plus juste que, précisément, M. Ben Laden est un
sous-traitant prestataire de services pour l’armée américaine. Les
organisations de M. Ben Laden, comme un certain nombre d’autres groupes
islamistes, ont été formées par les meilleurs professionnels des services
secrets américains ou israéliens, dans le cadre des stratégies de tension au
proche-orient et avec l’URSS.
Des hauts-fonctionnaires des services secrets américains l’avouent : les
clans internes de la CIA et autres services secrets américains se battent
entre eux, dans la pire violence. Les sociétés occultes utilisent les
institutions pour y poursuivre leurs propres buts de mégalomanes fanatiques.
Nombre de militaires américains savaient, avant les attaques.
Nous ne saurons sans doute jamais qui a réellement commandité, organisé et
mis en oeuvre cette attaque de folie : l’hypothèse Irakienne - il y a des
centaines d’officiers irakiens immigrés aux États-Unis - pourrait
s’argumenter tout autant que la piste Afghane ; Saddam Hussein a toutes les
bonnes raisons de se venger du père au travers du fils. Mais l’Irak, écrasé
par une violence impitoyable, n’intéresse plus les États-Unis.
Nous savons en revanche que le petit monde de l’internationale militaire
paranoïaque forme un seul et même système très cohérent dans sa folie
destructrice, où se croisent les officiers du Mossad (services secrets
israéliens), cette autre filiale de la CIA, ceux du KGB, de la DGSE
(France), du Pakistan etc., dans des jeux pathologiques d’infiltrations,
d’alliances, de trahisons, de ventes d’armes et de manipulations mutuelles
incessantes.
Et les acteurs de ce système-là jouent aux cow-boys avec des armes
atomiques, bactériologiques ou chimiques, des missiles, des avions ou des
foules sous hypnose directe ou médiatique.
Au milieu, les populations civiles, qui souffrent et meurent.
La frontière entre “le bien” et “le mal” n’est pas, comme l’on tente de nous
le faire croire, entre “le monde civilisé” et les “barbares terroristes”,
entre le monde judéo-chrétien occidental et le monde musulman : la frontière
entre l’acceptable et l’inacceptable est entre les peuples et institutions
démocratiques de toute la planète et les systèmes
militaires/occultes/financiers paranoïaques qui prennent en otage les
populations civiles de tous les pays.
Et ce, pour les dresser les unes contre les autres, dans des guerres
inutiles - sauf aux marchands d’armes et aux banques qui les financent -
jusqu’au jour où les dirigeants fous reviendront sur le devant de la scène
avec un projet de gouvernement mondial autoritaire, justifiant ses
politiques de contrôle des corps, des comportements et des cerveaux par un
danger terroriste qu’ils ont eux-mêmes fabriqués.
Il ne peut pas y avoir de paix sans respect. S’il était crédible que les
assassins de Manhattan soient vraiment inconnus et indépendants des services
secrets occidentaux, fable que nous ne pouvons croire, il resterait encore à
rappeler que chacun de nous ne rencontre à l’extérieur que le reflet de ses
propres conflits intérieurs : il n’y a d’autres terroristes que ceux que
nous fabriquons par nos intolérances, nos violences économiques,
financières, culturelles et nos passivités et soumissions.
La majorité des peuples de la Terre aujourd’hui ne veut pas du modèle
américain colonisateur et violent et ces peuples-là n’ont plus, bien
souvent, que l’énergie du désespoir à opposer à la mort brutale ou lente qui
leur est infligée : comment les résistants français des années 40
auraient-ils pu faire autrement que devenir des terroristes ?
Pas plus que l’appel à la guerre de croisade, l’incantation angéliste à la
paix ne peut être la bonne réponse. La réponse juste est comme toujours un
subtil mélange : la souffrance et la colère doivent venir nourrir non
l’esprit de vengeance mais la détermination à user de la force du droit, non
le retrait dans le pacifisme passif, mais la puissance du long et lent
travail politique.
Là est le défi qui nous est lancé, à nous, citoyens d’Europe et citoyens du
Monde : dire clairement à nos dirigeants que nous leur refusons le droit de
nous assassiner avec des guerres de malades mentaux et d’obsédés du profit
financier.
Car la paix ne sera pas choisie volontairement par les dirigeants
américains, pas plus qu’européens, même si nous leur envoyons des milliers
de pétitions, pas plus que par les dirigeants intégristes de l’Islam, même
si nous tentons de comprendre les souffrances qui génèrent leurs violences.
La voie de la paix ne sera prise par les militaires de tous bords que si
nous savons la leur imposer, avec autant de force qu’eux mettent en oeuvre
de violence pour nous faire croire à la nécessité d’une guerre sainte,
qu’elle se nomme croisade ici ou jihad là.
Si l’Amérique veut justice, ce qui est légitime, qu’elle se libère déjà de
ses fantasmes infantiles de toute puissance : ses dirigeants militaires sont
malades, paranoïaques, incompétents et, au regard des droits fondamentaux de
l’homme, tout autant criminels que les terroristes du 11 septembre.
Si les islamistes veulent justice pour leurs peuples et reconnaissance de
leurs cultures, qu’ils se libèrent donc, eux aussi, de leurs enfermements
intellectuels et culturels : le chaos planétaire qu’ils cherchent à
provoquer, en complicité objective avec des dirigeants américains
fanatiques, ne réduira pas l’écrasement de leurs peuples, c’est seulement la
souveraineté de leurs propres citoyens qui pourra un jour leur permettre de
vivre debout, libres et prospères.
Si les citoyens de France et d’Europe veulent vraiment montrer leur
solidarité avec le peuple américain, que nous aidions alors nos dirigeants à
dire non à la folie meurtrière qui anime ces cow-boys immatures qui jouent à
la guerre avec des armes surpuissantes.
Si les citoyens de France et d’Europe veulent aider les peuples d’Islam,
alors, aidons-les à se débarrasser de leurs dirigeants fous et criminels,
aidons-les à trouver la voie de leurs souverainetés d’individus, dans le
respect de leurs cultures propres.
Une guerre sainte contre l’Islam, à laquelle l’Europe serait appelée à
contribuer, serait un crime contre l’humanité relevant de la justice
internationale, tout autant qu’est un crime contre l’humanité le massacre de
Manhattan. L’on ne rend pas justice en commettant un nouveau crime mais en
conduisant les auteurs devant un tribunal équitable et impartial.
Mobilisons-nous pour dire non à la guerre, mobilisons-nous pour dire non à
la violence, d’où qu’elle vienne, et obligeons avec fermeté les dirigeants
de la planète à faire la paix en eux-mêmes et les uns avec les autres.
Il se pourrait bien que les femmes du monde aient un rôle particulièrement
important à jouer dans un tel projet.
Christian COTTEN Psychosociologue, secrétaire général de Politique de Vie
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